Curatorial Statement

Monopoly

In the summer of 2010, artist Riaz Mehmood proposed to me his idea for initiating a creative process that would explore a sense of an evolving and imaginative space in Griffintown. The installation of Housing a Home: Borrowed Views, while initiated by Mehmood, is the result of a collaborative reflection upon the poetic and spatial relationship between a city’s residents and its public/ private spaces.

It is the context of urban change and examining notions of home, community, and ideas about what constitutes public and private spaces that has inspired a collaborative occupation within this site. This site is  privately owned by local land developer Roland Hakim & Associates, and has been generously donated for our temporary use. The site is currently designed as a green parking lot. The site’s future, however, remains relatively uncertain. Situated between the Bonaventure expressway and the Canadian National railway viaduct, the site is located within the boundaries of Municipal plans to create a prestigious gateway into the city.

Griffintown holds an especially privileged place in Montreal’s history, once the crucible of Montreal’s urban development and resonant within Canada’s pre/industrial history. Since the 1970s Griffintown has become an urban site of pastness and abandon. Griffintown, however, is not a place of stasis. Rather, it is marked with changes that keep its past alive and also with changes that have eradicated the past. Most recently, Griffintown has seen deep and enduring tensions between the interests, limits, and promises of urban renewal and heritage preservation. Undoubtedly, the process of gentrification in Griffintown has begun. The city’s planning strategies have been predominantly based on revitalizing the neighbourhood through commercial and residential condominium projects.

The artist-collaborators of Housing a Home: Borrowed Views while acting upon and collectively occupy this site, do not stand outside of their experience of Griffintown. Rather, their intervention and reflection upon Griffintown’s changing cultural landscape draws attention to the nonconforming uses of urban spaces, those spatial practices that fall outside of a city’s zoning by-laws, and the material processes of gentrification. Moving beyond artistic modes of production, Housing a Home: Borrowed Views also performs as social intervention that stages the public audience within one of Griffintown’s many contested spaces.

Housing a Home: Borrowed Views is a creative response to the processes of urban renewal and place making that are occurring within extraordinary urban conditions. Through their collective occupation of the site, the artist-collaborators observe and reflect upon the elusive relationships between a city’s residents and its public/ private spaces. Materials local to the neighbourhood have been gathered, reused and recycled to construct the installation.

Originally “a borrowed view” was used to describe the art of gardening known as shakkei in Japenese or jie jing in Chinese. Shakkei is the art of creating a garden based around a borrowed view and treating the landscape as if it were a large painting. “Borrowed Views” is conceived of here, on this site, as an occupation or spatial appropriation for re-imagining an open, fictive and playful urban space. It is in this sense that the site functions as a mise en scène for both the collaborators and the public to rehearse their experiences, desires and expectations for the site’s future.

Enjoy the views!

Shauna Janssen
Curator and Founder
Urban Occupations Urbaines

Housing a Home: Borrowed Views

Au cours de l’été 2010, l’artiste Riaz Mehmood m’a proposé son idée, qui consistait à initier un processus créatif visant l’exploration de l’espace de façon imaginative et évolutive au cœur de Griffintown. La mise en œuvre de Housing a Home: Borrowed Views, bien qu’amorcée par Mehmood, est le résultat d’une réflexion collective sur la relation poétique et spatiale entre les résidants d’une ville et les espaces publics et privés.

Dans un contexte de changement urbain, l’artiste et ses collaborateurs se sont penchés sur les notions de chez-soi et de communauté et se sont livré à une réflexion sur ce qui distingue un espace public d’un espace privé, ce qui a donné lieu à l’occupation collective du site. Ce site est la propriété privée du promoteur-constructeur local Roland Hakim & Associates et nous a été gracieusement offert pour un usage temporaire. Il est actuellement aménagé à la manière d’un parc de stationnement vert. L’avenir du site demeure toutefois relativement incertain. Situé entre l’autoroute Bonaventure et le viaduc ferroviaire du Canadien National, ce terrain est situé aux abords d’un endroit qui fait l’objet de plans municipaux visant la création d’une prestigieuse porte d’entrée dans la ville.

Griffintown occupe une place privilégiée dans l’histoire de Montréal, puisqu’il symbolisait autrefois le creuset du développement urbain de la ville et le joyau des époques industrielle et préindustrielle du Canada. Depuis les années 1970, Griffintown est devenu un site urbain qui évoque la désuétude et l’abandon. Cet endroit n’est toutefois pas condamné à l’immobilisme; il est plutôt marqué par les changements qui font à la fois vivre et mourir son passé. L’histoire récente de Griffintown se souvient des tensions profondes et continues entre les intérêts, les limites et les promesses de renouveau urbain et de préservation du patrimoine. Le processus d’embourgeoisement s’est sans conteste amorcé à Griffintown. Les stratégies d’aménagement de la ville s’appuient principalement sur la revitalisation du quartier grâce à des projets d’immeubles commerciaux et de condominiums.

Non seulement les artistes qui collaborent au projet Housing a Home: Borrowed Views occupent collectivement le site, mais ils font constamment appel à leur propre expérience de Griffintown. Leur intervention et leur réflexion à l’égard de l’évolution du paysage culturel de Griffintown mettent en évidence l’utilisation non conforme des espaces urbains – procédé qui s’éloigne des règlements administratifs en matière de zonage municipal –  ainsi que le processus d’embourgeoisement qui s’y est incontestablement entamé. Par ailleurs, Housing a Home: Borrowed Views évolue au-delà des modes de production artistiques; le projet se veut une intervention sociale qui transforme l’un des espaces les plus controversés de Griffintown en une véritable scène pour le public.

Housing a Home: Borrowed Views apparaît comme une réaction créative aux processus de réaménagement et de création d’espaces qui ont lieu dans un contexte urbain exceptionnel. Par l’entremise de leur occupation collective du site, l’artiste et ses collaborateurs étudient les relations insaisissables entre les résidants d’une ville et les espaces publics et privés. L’installation a été construite à partir de matériaux récupérés dans le quartier, simplement réutilisés et recyclés.

À l’origine, “borrowed view” (« paysage emprunté » ou « emprunt du paysage ») était une expression utilisée pour décrire la technique de paysagement connue sous le nom de shakkei en japonais ou de jie jing en chinois. Le shakkei consiste en l’art de créer un jardin basé sur un paysage emprunté et de traiter ce paysage comme s’il s’agissait d’une peinture de grande dimension. Borrowed Views a été conçue ici, sur ce site, et représente une occupation ou une appropriation de l’espace dont l’objectif est de recréer un endroit urbain ouvert, fictif et agréable. C’est dans cette optique que le site met en scène toutes les utilisations non conformes de l’espace et constitue du même coup un endroit où les participants et le public prennent part à une répétition pendant laquelle leurs expériences, attentes et désirs à l’égard de l’avenir du site sont mis de l’avant.

Bonne visite!

Shauna Janssen
Fondatrice et commissaire
Urban Occupations Urbaines

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